Face Ă une polarisation de la sociĂ©tĂ© française en ce milieu d'annĂ©e 2026, la question de la riposte citoyenne se pose avec acuitĂ©. Alors que de nombreux plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s ressassent le rĂ©cit d'une inĂ©luctable percĂ©e radicale, les donnĂ©es rĂ©coltĂ©es rĂ©cemment par l'HumanitĂ© magazine mettent en lumiĂšre des initiatives de terrain essentielles. L'enquĂȘte originelle se concentre sur une figure singuliĂšre : Kheireddine Lardjam. Ce crĂ©ateur franco-algĂ©rien dĂ©ploie une Ă©nergie considĂ©rable pour transformer les planches en un vĂ©ritable outil de rĂ©sistance civique et dĂ©mocratique.
Loin des salons feutrĂ©s et des dĂ©bats hors-sol, son parcours dĂ©montre que le théùtre peut agir comme un puissant antidote contre la dĂ©sinformation et la peur de l'autre. Son engagement s'enracine dans une histoire douloureuse, forgeant un rejet catĂ©gorique de toute complaisance idĂ©ologique face Ă l'extrĂȘme droite. En s'adressant directement aux jeunesses marginalisĂ©es, il redĂ©finit les contours de la politique locale et de l'action publique. Ă travers son tĂ©moignage poignant, c'est toute la mĂ©canique de sĂ©duction des discours nationalistes qui est dĂ©cryptĂ©e avec prĂ©cision, invitant chaque individu Ă repenser sa propre implication dans le dĂ©bat public actuel.
- Le metteur en scÚne franco-algérien dresse un parallÚle saisissant entre l'intégrisme de la décennie noire en Algérie et les discours radicaux contemporains en France.
- Il s'oppose fermement à l'idée d'un dialogue complaisant avec les idéologies haineuses, prÎnant une confrontation argumentée et constante.
- Son action s'illustre par une présence massive dans les lycées agricoles et les quartiers populaires pour recréer du lien civique.
- Le Festival d'Avignon 2026 est perçu comme une plateforme stratégique pour organiser une riposte culturelle et citoyenne d'envergure.
Les fondations d'un combat antifasciste viscéral
Du traumatisme oranais à la résistance par les mots
NĂ© Ă Oran en 1982, l'artiste a forgĂ© sa conscience citoyenne au cĆur de la guerre civile algĂ©rienne. AprĂšs avoir achevĂ© sa formation au conservatoire, il fonde en 1996 la compagnie El Ajouad. Cette initiative marque le dĂ©but d'une dĂ©marche visant Ă honorer la mĂ©moire d'Abdelkader Alloula, dramaturge assassinĂ© en 1994 par des fanatiques sur le parvis mĂȘme du Théùtre d'Oran.
Cette confrontation prĂ©coce avec la violence politique structure sa vision du monde. Pour lui, la lutte contre l'obscurantisme n'est pas un concept thĂ©orique, mais un hĂ©ritage personnel. Il affirme avec clartĂ© : « Le fascisme, j'ai grandi avec. » Il Ă©tablit ainsi une connexion directe entre les intĂ©gristes des annĂ©es 90, vĂȘtus de qamis, et les politiciens actuels en costume-cravate, soulignant que le vernis esthĂ©tique ne modifie en rien la nature destructrice de l'idĂ©ologie.
Le refus catégorique du compromis politique
Une création artistique au service de l'action citoyenne
InstallĂ© en France, l'homme de théùtre multiplie les collaborations en tant qu'artiste associĂ©. Sa mĂ©thode s'apparente Ă une dĂ©marche de "Civic Tech" transposĂ©e au monde du spectacle vivant : utiliser les outils disponibles pour dĂ©construire les narratifs fallacieux. Face Ă ceux qui suggĂšrent qu'il faudrait instaurer un dialogue avec les mouvances radicales, sa rĂ©ponse, rapportĂ©e par cette enquĂȘte originale, est sans Ă©quivoque.
Il compare cette attitude de compromission à la volonté de soigner un cancer avec du simple paracétamol. Selon lui, cette mouvance représente une menace systémique pour l'ensemble du corps social, et non pas exclusivement pour les populations immigrées. Cette position intransigeante nourrit en profondeur le débat intellectuel progressiste actuel, rappelant que certaines valeurs demeurent tout bonnement non négociables sur la scÚne démocratique.
Pour contrer cette propagation idéologique, l'action culturelle sur le terrain devient une urgence absolue. Le combat antifasciste de Lardjam se déploie loin des capitales culturelles habituelles. En animant des ateliers dans des lycées agricoles ou au sein des quartiers périphériques, il observe de premiÚre main comment le sentiment d'abandon pousse une jeunesse désabusée vers des thÚses d'exclusion.
| Espace d'intervention | Public civique ciblé | Objectif démocratique |
|---|---|---|
| Lycées agricoles et zones rurales | Jeunesse éloignée des centres de décision | Déconstruire les préjugés et stimuler l'esprit critique |
| Quartiers populaires urbains | Citoyens subissant l'exclusion sociale | Recréer du lien et valoriser la prise de parole publique |
| Institutions théùtrales classiques | Spectateurs habituels et abonnés | Confronter les idées face au glissement des valeurs |
Avignon 2026 : un carrefour pour la mobilisation civique
Sensibiliser un public gagné par le doute
Le constat dressĂ© par le dramaturge est lucide et inquiĂ©tant. MĂȘme au sein des salles obscures, pourtant perçues comme des bastions progressistes, une mutation s'opĂšre. Il remarque qu'une part croissante de son propre public se laisse sĂ©duire par les discours de repli identitaire. Ces spectateurs ne sont pas de nouveaux venus, mais des citoyens ayant lentement glissĂ© vers la droite radicale malgrĂ© leur exposition Ă la crĂ©ation artistique.
Loin de cĂ©der au fatalisme, cette observation renforce sa dĂ©termination Ă organiser la riposte intellectuelle, Ă l'heure oĂč les recompositions Ă gauche de l'Ă©chiquier politique peinent parfois Ă formuler un rĂ©cit commun. Le prochain Festival d'Avignon est ainsi envisagĂ© comme un vĂ©ritable laboratoire d'idĂ©es, un moment charniĂšre pour structurer une opposition argumentĂ©e, pied Ă pied.
Pour enrayer cette mécanique de l'exclusion, plusieurs leviers d'action émergent du travail de ces acteurs culturels de terrain :
- Soutenir et visibiliser le travail des artistes intervenant dans les déserts administratifs et ruraux.
- Faire des représentations théùtrales de véritables agoras citoyennes, propices au débat contradictoire post-spectacle.
- Concevoir des Ćuvres qui dĂ©montent mĂ©thodiquement les ressorts de la manipulation populiste.
- Encourager l'expérimentation collective comme antidote direct à l'ignorance et au repli sur soi.
Quelles sont les origines de l'engagement de Kheireddine Lardjam ?
Né à Oran, il a vécu la décennie noire en Algérie durant les années 1990. L'assassinat du dramaturge Abdelkader Alloula en 1994 a été un événement fondateur qui l'a poussé à créer la troupe El Ajouad pour résister à l'obscurantisme par la culture.
Pourquoi refuse-t-il de dialoguer avec l'extrĂȘme droite ?
Il considÚre que les idéologies radicales ne sont pas des opinions avec lesquelles on peut trouver un compromis. Il compare le fait de vouloir dialoguer avec ces mouvements à la tentative de soigner un cancer avec du paracétamol, prÎnant plutÎt un combat argumentaire frontal.
Comment se traduit son action politique sur le terrain en 2026 ?
Au-delà de ses mises en scÚne classiques, il investit énormément de temps dans des ateliers au sein de lycées agricoles et de quartiers populaires. L'objectif est de recréer du lien social et d'offrir des outils de décryptage civique à des jeunes qui se sentent abandonnés par les institutions.





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